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Valoriser sa démarche d’éco-conception : comment éviter le greenwashing

    De plus en plus d’entreprises industrielles et hardware s’engagent dans des démarches d’éco-conception.
    Les intentions sont là, les premières actions aussi : choix de matériaux, réflexion sur la durée de vie, réduction des impacts.

    Mais au moment de communiquer, les doutes apparaissent.
    Comment valoriser cette démarche sans en faire trop ? Comment être précis sans être technocrate ? Et surtout, comment éviter que des efforts réels soient perçus comme du greenwashing ?

    Entre volonté de bien faire et peur de mal dire, beaucoup d’entreprises hésitent, tâtonnent ou préfèrent rester discrètes.
    Pourtant, il est possible de communiquer sur l’éco-conception de manière crédible, à condition de s’appuyer sur les bons outils, les bonnes preuves et une méthode structurée.

    Allégations environnementales : ce que la réglementation autorise (et interdit)

    Communiquer sur l’éco-conception n’est pas un simple exercice de storytelling.
    C’est une pratique encadrée par des règles précises, destinée à protéger les consommateurs contre des messages trompeurs ou approximatifs.

    Une allégation environnementale doit respecter quatre principes fondamentaux :

    • être claire, sans termes vagues ou ambigus,
    • être spécifique, avec un périmètre défini,
    • être justifiée, à l’aide de données mesurables,
    • être proportionnée à l’impact réel du produit.

    👉 Une communication qui ne respecte pas ces principes peut être considérée comme du greenwashing, même sans intention de tromper.

    Greenwashing : des dérives souvent involontaires

    Le greenwashing n’est pas toujours le résultat d’une stratégie malhonnête.
    Dans de nombreux cas, il découle :

    • d’un manque de méthode,
    • d’une mauvaise compréhension des termes environnementaux,
    • ou d’une volonté de simplifier excessivement un sujet complexe.

    Les allégations vagues ou non démontrées

    Des expressions comme produit durable, éco-responsable ou respectueux de l’environnement sont fréquentes … mais risquées.
    Sans indicateur chiffré, sans périmètre précis, sans méthode expliquée, ces termes deviennent trompeurs par défaut.

    Le compromis caché

    Mettre en avant un progrès environnemental tout en occultant d’autres impacts majeurs est une autre dérive courante.
    Réduire un impact isolé ne suffit pas à qualifier un produit de « vert » si l’impact global reste inchangé, voire aggravé.

    👉 Une information partielle peut être aussi trompeuse qu’une information fausse.

    Greenwashing ou greenhushing : deux erreurs opposées

    Face au risque de greenwashing, certaines entreprises choisissent de ne plus communiquer.
    C’est ce que l’on appelle le greenhushing.

    Ce silence peut sembler prudent, mais il est contre-productif :

    • il empêche de valoriser des efforts réels,
    • il limite la pédagogie auprès des clients,
    • il ralentit la diffusion de bonnes pratiques industrielles.

    👉 Le bon équilibre n’est ni l’exagération, ni le silence, mais de communiquer avec méthode et transparence.

    Greenhushing greenwashing

    Les principes d’une communication crédible sur sa démarche d’éco-conception

    Communiquer sur une démarche d’éco-conception ne consiste pas à “verdir” un discours marketing. Il s’agit d’expliquer un cheminement industriel, des choix techniques et des arbitrages réels.
    Une communication crédible ne cherche pas à masquer les limites, mais à rendre la démarche lisible, compréhensible et vérifiable pour ses parties prenantes : clients, partenaires, investisseurs ou acheteurs.

    Dire ce qui est fait, pas ce qui est espéré

    Une communication crédible repose sur des actions existantes, mesurées et vérifiables.
    Les objectifs futurs peuvent être évoqués, à condition d’être clairement présentés comme tels, et non comme des acquis.

    Assumer une démarche progressive

    L’éco-conception n’est pas un état parfait, mais une trajectoire.
    Expliquer les étapes déjà franchies, les choix réalisés et ceux encore à venir est souvent plus crédible qu’un discours prétendument « 100 % responsable ».

    Contextualiser les résultats

    Une réduction d’impact n’a de sens que si le périmètre, la méthode et les limites sont explicités.
    Sans ce contexte, les chiffres deviennent ambigus et peuvent alimenter la suspicion de greenwashing.

    Quels outils pour communiquer sans greenwashing ?

    Avant de parler d’engagement, encore faut-il être capable de démontrer ce qui a été fait, pourquoi, et avec quel impact réel.

    Le diag éco-conception : structurer sa démarche

    Avant de communiquer, il est essentiel de savoir où agir et sur quels leviers concentrer ses efforts.
    C’est précisément le rôle du Diag Éco-conception, proposé par Bpifrance et l’ADEME, et réalisé par les experts développement durable d’Altyor.

    Ce diagnostic n’est pas un simple audit environnemental.
    C’est un dispositif d’accompagnement structurant, conçu pour aider les entreprises à passer de l’intention à l’action.

    Concrètement, le Diag Éco-conception repose sur plusieurs étapes clés :

    • Une formation des équipes et de la direction, afin d’aligner les enjeux stratégiques, techniques et environnementaux.
      L’objectif : partager un socle commun de compréhension et embarquer l’ensemble de l’organisation.
    • La modélisation de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) du produit existant, à partir de données réelles : matières, procédés, transport, usage, fin de vie.
      Cette étape permet de quantifier les impacts environnementaux et de dépasser les idées reçues.
    • L’identification des phases les plus contributrices, souvent là où on ne les attend pas : fabrication, transport, choix de composants, ou fin de vie.
    • Des recommandations d’éco-conception concrètes, priorisées et discutées avec les équipes.
      À ce stade, plusieurs scénarios d’amélioration sont construits.
    • Une nouvelle évaluation environnementale, intégrant ces scénarios, pour mesurer précisément les gains possibles.
    • Un premier dimensionnement technico-économique, afin de relier performance environnementale, faisabilité industrielle et impacts coûts.

    👉 Le résultat : des décisions éclairées, basées sur des comparaisons chiffrées, et une base solide pour communiquer de manière factuelle.

    L’ACV comme socle de référence

    L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) est aujourd’hui l’outil le plus robuste et reconnu pour objectiver l’impact environnemental d’un produit.

    Contrairement à une approche partielle, l’ACV analyse l’ensemble du cycle de vie :

    • extraction des matières premières,
    • fabrication,
    • transport,
    • phase d’usage,
    • fin de vie.

    Cette vision globale est essentielle pour éviter les discours simplistes ou trompeurs.
    Un matériau plus vertueux sur le papier peut, par exemple, générer plus d’impact lors de sa transformation ou de son transport.

    Grâce à l’ACV, il devient possible de :

    • comparer objectivement plusieurs scénarios de conception,
    • prioriser les leviers d’amélioration les plus efficaces,
    • appuyer une communication environnementale sur des indicateurs chiffrés et vérifiables.

    C’est aussi sur cette base que reposent les déclarations environnementales de type III (ISO 14025), les EPD ou encore les FDES.
    Autrement dit, l’ACV transforme l’éco-conception en langage commun entre ingénierie, direction et communication.

    Comment faire une analyse du cycle de vie (ACV) ?

    Nous vous aidons à calculer et analyser l’empreinte écologique de votre produit grâce à l’ACV.
    L’analyse de cycle de vie est le point de départ pour comprendre l’impact de votre produit sur l’environnement. Pour bien comprendre les tenants et aboutissants de ce qu’on appelle l’ACV (analyse de cycle de vie), nous avons rassemblé 14 réponses qui apporteront un éclairage.

    Normes ISO et labels : comment encadrer vos allégations environnementales

    Pour sécuriser la communication environnementale, les normes ISO 14020 à 14025 définissent trois grands types d’allégations, selon leur niveau de preuve.

    Type I (ISO 14024)

    Les labels environnementaux officiels

    Ces labels sont délivrés par des organismes tiers indépendants, selon des critères multicritères vérifiés.

    Exemples :

    👉 Très crédibles, mais exigeants et adaptés surtout aux produits grand public.

    Type II (ISO 14021)

    Les auto-déclarations environnementales

    Il s’agit d’allégations formulées par l’entreprise elle-même, sans certification tierce, mais strictement encadrées.

    Exemples autorisés si justifiés :

    • « contient X % de matière recyclée »
    • « réduction de poids de X % »
    • « emballage recyclable »

    👉 Les termes vagues ou globaux sont proscrits. Les données doivent être véridiques, mesurables et justifiables

    Type III (ISO 14025)

    Les déclarations environnementales chiffrées

    Les déclarations de type III (EPD, FDES) reposent sur une ACV complète, avec un écoprofil environnemental détaillé (CO₂, ressources, eau, énergie) vérifié par un tiers indépendant, selon des règles communes permettant la comparaison entre produits.
    Principalement utilisées dans le bâtiment, l’industrie et les achats B2B, elles s’adressent aux professionnels et impliquent une procédure exigeante, longue et coûteuse, souvent peu accessible aux PME en première approche.

    👉 C’est le niveau de communication le plus robuste, mais aussi le plus exigeant.

    Communiquer sur l’éco-conception n’est ni un exercice de green marketing, ni une opération cosmétique.
    C’est une démarche encadrée, qui repose sur des faits, des méthodes et des preuves.

    Les entreprises qui structurent leur communication transforment une contrainte réglementaire en avantage concurrentiel durable.
    Celles qui improvisent s’exposent à un risque de bad buzz et juridique réel.

    👉 La clé n’est pas de « verdir » son discours, mais de construire une démarche avant de la valoriser.

    Obtenez un chiffrage adapté à votre projet !